La Shri Ram Chandra Mission n'est pas la seule organisation à proposer des méthodes de méditation. La transmission dont elle est si fière se traduit souvent par un asservissement qui fait perdre tout repère et isole inéluctablement l'individu de son environnement.
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438 articles – 3444 commentaires – Dernier ajout le 25/03/2017

“Take criticism seriously, without anger or sadness. Use it for correcting yourself, and welcome it.”
Kamlesh Patel (1/04/2015)

26 octobre 2012

Babuji prétendait moderniser la spiritualité


ENGLISH TRANSLATION

Une nouvelle fois la lecture du dernier article de Michael m’a beaucoup fait réfléchir. Sa connaissance approfondie du Sahaj Marg et la qualité de son analyse forcent le respect. A mon humble niveau, je vous livre ici quelques unes des idées qu’il m’a inspirées. N’hésitez pas à venir en débattre avec moi.

Babuji s’est affranchi de toute l’expérience accumulée par les sages spirituels anciens quand il a créé le Sahaj Marg. Cette méthode spirituelle est le fruit de la modernité et d’une culture indienne qui s’ouvre sur le monde extérieur.
Babuji décrit le Sahaj Marg comme un système qui permet à chacun dans sa vie quotidienne d’accéder rapidement à la réalisation spirituelle. Autrement dit, c’est la seule méthode censée permettre la fusion divine au cours de la vie du chercheur spirituel sans renoncer à sa vie quotidienne.

Les soufis, les moines bouddhistes ou les sanyasins hindous se retirent du monde ordinaire pour consacrer leur vie à la quête spirituelle. Ils adoptent un mode de vie austère et reclus, une vie monacale, érémitique et ascétique. Ils renoncent à tout pour consacrer leur vie à la spiritualité, c’est un engagement à plein temps. Au contraire, Babuji prétend qu’il n’y a besoin de renoncer à rien, le grihasta peut parvenir au résultat sans rien changer de sa vie quotidienne.
Pour les soufis, les moines bouddhistes ou les sanyasins hindous, le temps n’existe plus. La quête est infinie, elle transcende leur vie, pour resurgir et se poursuivre dans les vies ultérieures réincarnées. Au contraire, Babuji insiste sur l’urgence de la réalisation spirituelle, faisant ainsi preuve non seulement de sa conception linéaire du temps mais aussi de son accélération moderniste.
Pour les soufis, les moines bouddhistes ou les sanyasins hindous, ce qui est important c’est la quête spirituelle, le cheminement, le voyage spirituel. Au contraire, Babuji affirme qu’il n’y a rien de plus important que le résultat à atteindre, la fusion divine. Seul compte le résultat et peu importent les moyens pour y parvenir, tandis que dans la sagesse traditionnelle les moyens sont la fin.

Un but rapidement accessible pour tous, trois idées contre-nature qui ont de quoi séduire les esprits modernes :
  • quand la sagesse spirituelle ancienne se concentre sur le cheminement spirituel, le Sahaj Marg offre un but, un résultat à atteindre
  • quand la sagesse spirituelle ancienne est dans un temps infini, le Sahaj Marg lui oppose l’urgence de la réalisation
  • quand la sagesse spirituelle ancienne réserve la quête spirituelle à ceux qui y consacrent tout leur temps et leur vie, le Sahaj Marg prétend à la rapidité de l’obtention d’un résultat pour tous.
Oubliées les valeurs du renoncement, de l’ascèse, de la lenteur et du voyage contemplatif, Babuji offre une méthode moderne, la seule valable. Comment fait-il ? Il accélère le lent processus du raja-yoga en occultant les six premières étapes grâce à l’intervention d’un être vivant extérieur intrusif et tout puissant, le Maître (ou plus souvent le précepteur).
On connaît aujourd’hui les conséquences malheureuses de cette (r)évolution. Elles sont terribles et ont fait beaucoup de dégâts. Babuji les avait-il imaginées ? Etait-il conscient de tout ce qu’il engendrait ? Pour Chari et Patel, la question ne se pose pas, ils savent.

Rappelez-vous le courrier de Babuji de 1963 où il dénigre et renie totalement le soufisme de Lalaji (publié par Dinaysh, le petit-fils de Lalaji) :
“The Mohamadan systems have all breathed their last and this, 'The Sahaj Marga' the only ONE has now emerged out in their place. Its teachings and methods widely differ from those of the old systems in many respects.”
On sent là surgir toute la suffisance d’un Babuji quelque peu arrogant et présomptueux.
Babuji prétendait moderniser la spiritualité, il l’a vulgarisée, mais aussi atrophiée et fragilisée.

Elodie

13 commentaires:

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Anonyme a dit…

This grihasta life recommended by Babuji... is it not a life of denial if remembering the Divine Master has to be constant?

Who can claim to be with his wife and children as a grihastha when his heart, mind, attention, focus, desire, aspiration, is constantly away and permanently busy with someone/thing else? Only a corpse would remain.

Therefore, renouncing the world is there too in Babuji's Sahaj Marg, but this fact is hidden behind the smokescreen of the family life standard.

Renouncing the world is the universal path of self-sacrifice, which can't be avoided when full dedication to God is targeted. This is true whatever the culture, country, historical period, people, and method.

If Babuji's teaching is followed absolutely, it will result in renouncing the world for constant remembrance, service and dedication, while the corpse, being the slave of desires in a social network, will continue to play whatever others want it to play.

Anonyme a dit…


Babuji n'était ni prétentieux, ni arrogant - et tous ceux qui l'ont connu en ont témoigné, y compris sur ce blog - Après, que sa méthode aie été déviée, incomprise ou non convenable pour certains,c'est un fait - Il n'obligeait personne à le suivre - Un regard sur toutes les déviances qui ont été faites dans toutes les spiritualités de l'humanité montre que c'est malheureusement chose courante - C'est le lot de tous les grands Maîtres qui ont lancé un cheminement spirituel -
Comprendre et dénoncer les déviances est possible, mais ça n'enlève pas la pureté de la source - et, une fois de plus, les témoignages de ceux qui l'ont connue sont concordants à cet égard -
Alors, gare aux dérapages dans l'autre sens ...

Elodie a dit…

Bonjour à toutes et tous,
Chers anonymes,
La lettre de Babuji reléguant les expériences soufies antérieures, notamment celle de son maître Lalaji, me laisse un sentiment de prétention. Mais je n'irais pas plus loin en ce qui concerne son arrogance. Je pense aussi qu'il n'était pas conscient des implications des évolutions que sa méthode engendrait.
Concernant le renoncement et la vie de grihasta, c'est une des grandes impostures du Sahaj Marg, me semble-t-il. Affirmer que cette méthode est accessible à chacun dans sa vie quotidienne est une tromperie. Comme le dit si bien anonymous, il faut renoncer à beaucoup de choses, la dépendance au maître décrite par Michael n'en est qu'un aspect parmi d'autres.
Bien affectueusement,
Elodie

Alexis a dit…

Visiblement, le succès de Chari concernant le recrutement de nouveaux abhyasis, et donc l’expansion numérique de la SRCM, dérange quelque peu Sharad & Kishore aux entournures.
D’où leurs derniers posts pour tenter de justifier pourquoi la Mission n’a pas autant grossi sous Babuji.
Leur explication : Babuji a rénové/modifié/modernisé la méthode de Patanjali pour créer des abhyasis et offrir une méthode aux générations futures qui libèrera le monde d’ici 10 000 ans. Mais cela demande de tels sacrifices aux abhyasis, que peu de gens sont capables encore aujourd’hui d’y parvenir.
Babuji a donc vite cessé de faire de nouveaux abhyasis, les autres (à qui la vérité n’est pas accessible) ne sont que des membres. Il a aussi limité le nombre de précepteurs, parce qu’ils ne comprenaient pas et déviaient dangereusement. C’est aussi pour cela qu’il a interdit à d’autres après lui de nommer de nouveaux précepteurs.
Chari ne crée pas de nouveaux abhyasis, il multiplie les membres seulement. Des moutons de Chari plutôt que les lions de Babuji. Chari est un bon agent publicitaire du Sahaj marg de Babuji, mais rien de mieux que cela, un agent publicitaire…
Voilà l’explication de la Society for Babuji’s Mission. Babuji était La Personnalité Spéciale et le demeure, il visait la qualité et a volontairement limité le nombre de ses recrues. Chari fait du nombre, mais rien d’autre, il n’est qu’un publiciste…
Au détour d’une phrase, Kishore reconnaît pourtant l’échec de Babuji : il n’a pas réussi à former des précepteurs fiables, ils ont dérapé et dévié vers des fins de pouvoir personnel, il a dû en démettre beaucoup de leurs fonctions. Aveu de faiblesse non expliqué, lâché par inadvertance ? Bizarre…

PS pour Elodie : j'aime beaucoup ton analyse, très intéressante après celle de Michael. Un approfondissement inédit.
Quant à Babuji, il est grand temps de le désacraliser. Adresser tous reproches à Chari et en dédouaner totalement Babuji serait trop facile. Il faut aussi savoir balayer devant sa porte, n'en déplaise à ses inconditionnels lionceaux...

Anonyme a dit…


Quel Maître aurait pu prévoir de ce qu'il adviendrait de son enseignement ?

Elodie a dit…

Bonjour à toutes et tous,
Qui aurait pu prévoir ? Effectivement, la critique a posteriori est facile, mais personne n'imaginait de telles évolutions auparavant.
C'est un peu plus dérangeant quand on présente Babuji comme LA "Personnalité Spéciale", un être si proche de Dieu qu'on l'imagine tout puissant et au fait de tout, donc irréprochable à l'image ou à l'égal de Dieu.
Or il n'en est rien, Babuji a modernisé la spiritualité sans en imaginer les conséquences, il a fait des erreurs comme tout le monde et sa vie n'est pas un modèle non plus.
Babuji n'est pas et n'a jamais été la Personnalité Spéciale. Il est juste l'inventeur d'une énième méthode spirituelle, non pas exceptionnelle et inégalée, mais comme tant d'autres avec ses qualités et ses défauts.
Bien affectueusement,
Elodie

Anonyme a dit…


Ce que vous dites serait alors valable aussi pour tous les grands Etres à l'origine des grandes spiritualités de l'humanité -
Ils ont tous été mis aux nues par les êtres humains - et leur enseignement a tout aussi été dévié -
Mais cela n'enlève pas leur valeur - Se focaliser sur ce qu'on a fait et sur leurs limites humaines inévitables ne fait guère avancer les choses, même si ça peut être utile de le voir, bien sûr -
Tout dépend de ce qu'on cherche vraiment ...

Anonyme a dit…

I wouldn't be so sure that Babuji was not conscious about the problems to come.

But technically, how could one grain of sand - would it be gold - change the course of a tsunami?

Did anyone really understood what Babuji had come for? Was it really for humankind, or for spiritual training?

Humankind has now fallen a prey to the subversion of dark forces from the outside.

It will be impossible to understand why it is so, therefore how to fight it. Humankind will have to go through the historical process until it gets molded into something else and these forces decline or fade away. 10'000 years may be required for our species to reach a new biological setup allowing blooming to consciousness.

Sadly, their own hysteria and mental sickness pushed them to make an idol out of Babuji. This is only self-satisfaction, and a concept of no practical use to spiritual aspirants and their spiritual development.

Surely not something Babuji would have allowed or indulged in.

Elodie a dit…

Bonjour Anonyme,
Babuji s'est affranchi des valeurs des anciens sages spirituels et cela semblait une bonne idée au début.
Maintenant, il est mort depuis bientôt 30 ans. L'heure du bilan n'est-elle pas encore venue ?
Son idée n'a pas résisté au temps, elle apparaît aujourd'hui avec tous ses défauts. Il faut bien constater qu'elle s'avère dangereuse.
Je ne comprends pas votre acharnement à le refuser, à minimiser ses effets et à ne pas vouloir désacraliser Babuji.
Il ne s'agit pas de rabaisser Babuji plus bas que terre, seulement à tenter un bilan objectif et remettre Babuji à sa juste place.

Dear Anonymous,
Je ne vois pas ce que vous insinuez. Quel était l'objectif de Babuji ? Ce n'était pas d'apporter une méthode spirituelle ? Son dessein était autre ? Personne ne l'aurait-il compris ?

Bien affectueusement,
Elodie

Anonyme a dit…

Justement, l'incompréhension vient peut-être de ce que vous appelez "la juste place "...Une fois de plus, beaucoup de grands êtres sont venus aider l'humanité et ce, dans tous les domaines ( sciences, etc ...),et cela a souvent donné de mauvais résultats si on regarde restropectivement - Il ne s'agit pas de sacraliser ou non,mais aussi simplement de remarquer l'utilisation qu'en fait l'être humain - C'est aussi cela essayer de rester objectif - se concentrer que sur un côté de la partie ne fait guère avancer les choses - C'est rester dans la réaction, ce qui apparaît stérile à terme - La souffrance se comprend et est respectable, mais elle peut aussi aveugler malheureusement - C'est aussi juste de le faire remarquer -
Bien à vous -

Elodie a dit…

Bonjour anonyme,
Réaction ? Souffrance ? Nous ne sommes pas dans les mêmes registres.
Pour moi, la juste place de Babuji n'est pas plus bas que terre, mais vous ne semblez pas l'entendre.
J'espère que mon dernier message vous éclairera mieux sur ma pensée.
Bien affectueusement,
Elodie

Anonyme a dit…

He said it himself on numerous occasions: That humankind was only a tiny part of his work, although taking most of his time.

He gave a method for helping people to connect and get benefits when he was alive. He trained preceptors to help him manage the workload and interface with individuals, although it may have been a mistake as we can see more clearly now.

His gift to us was tradition renewal, incorrectly understood as literal as "a new spiritual tradition". Was it not appearing as a new method because we had forgotten?

He referred in his writings to the methods developped by the ancient wisemen and avataras for the sake of helping humankind to help itself: What does it mean? Were these methods not the same as his, as he often stated?

A possible conclusion is that he did not came to bring something new, but only to clean the dust on the old books, show how to make it, and revive our memory.

Many of the current leaders following the sahaj marg approach are more or less involved in politics and self-satisfaction, driven into this direction by the spirit of the world.

Strong and amazing claims about the special personality, rooted in the deep feelings of some of them, now turn to be empty shells in the mouth of the newcomers.

Would Babuji's disciples had risen to this level of universalism where they come together under the one and unique banner of God, they could have been trusted. But there was too much fear to let Babuji go.